AUTEUR

WESLEY J. SMITH

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POSTÉ LE

14 mars 2021

SOURCE

National Review

Euthanasie/Suicide assisté :

Comment ça commence : C’est juste une soupape de sécurité, un petit changement dans l’éthique médicale et la loi. Des directives protectrices protégeront contre les abus !

Où en est-on aujourd’hui ? Il y a trop d’obstacles à la mort ! Nous devons rendre la mort plus facile !

Où cela va-t-il mener ? La mort sur demande pour n’importe quelle raison (déjà en vigueur en Allemagne).

Certaines juridictions évoluent rapidement sur cette trajectoire, d’autres plus lentement. Mais au fil du temps, c’est ainsi que le courant passe.

Le Canada est un modèle de vitesse à cet égard. Après que sa cour suprême ait imposé un droit positif à l’euthanasie en 2015, le pays a applaudi et embrassé l' »assistance médicale à mourir » (AMAD) avec un enthousiasme qui m’a choqué jusqu’à la moelle osseuse. Le Parlement a adopté une loi avec une faible limitation selon laquelle la mort doit être « raisonnablement prévisible » pour pouvoir bénéficier d’une piqûre létale.

Ce n’était pas suffisant. Les promoteurs de la mort ont immédiatement commencé à faire de l’agitation pour élargir l’admissibilité, notamment en intentant des poursuites judiciaires, dont l’une a été couronnée de succès au Québec.

Malgré une certaine résistance, les politiciens nationaux ont acquiescé avec un empressement surprenant. Un projet de loi vient d’être adopté par la Chambre des communes qui – à moins d’une résistance imprévue et choquante au Sénat, qui a déjà voté en faveur d’un assouplissement des règles – élargira radicalement l’admissibilité à l’euthanasie au Canada, y compris les dispositions suivantes :

  • Une mort raisonnablement anticipée ne sera plus requise. Cela ouvre la porte à l’euthanasie des personnes handicapées, des patients atteints de démence mais encore compétents, ainsi que des malades mentaux.
  • Après un délai supplémentaire pour étudier la question de la création de directives de protection ( !!), les personnes dont le seul problème médical est une maladie mentale pourront explicitement bénéficier de l’euthanasie.
  • Aucune période d’attente ne sera requise entre la demande de mort et l’interruption de la vie pour les personnes dont la mort est raisonnablement prévisible – un terme très laxiste. Cela signifie qu’un patient ayant, disons, deux ans d’espérance de vie pourrait théoriquement être tué immédiatement sur demande.

L’élargissement se poursuivra par la possibilité d’autoriser les personnes atteintes de démence à ordonner leur propre mort dans une directive préalable lorsqu’elles deviennent mentalement incapables et par l’euthanasie pédiatrique des « mineurs responsables » – deux sujets qui seront probablement « étudiés » par un comité d' »experts » au cours des deux prochaines années, ce qui signifie qu’ils seront les prochains.

Les militants des droits des personnes handicapées se sont furieusement défendus et ont organisé une obstruction au projet de loi qui a réussi pendant un certain temps. Mais elle a finalement été brisée par les Libéraux et le Bloc Québécois, minoritaires au pouvoir.

Le désespoir des personnes handicapées sur Twitter après le vote était viscéral, certains faisant remarquer que le Canada ne garantit pas une vie dans la dignité – avec, par exemple, des services de vie autonome – mais garantit une « mort dans la dignité » lorsque la pénurie de services conduit à un désir suicidaire. Ils se sentent, rationnellement, comme des cibles plutôt que des bénéficiaires.

Il convient également de noter que seuls 15 % des Canadiens ont accès à des soins palliatifs de qualité. Ne vous inquiétez pas, le groupe d’experts  » étudiera  » cela aussi. Bon sang.

Les Américains devraient être alarmés par ces événements. Le Canada est notre cousin culturel le plus proche. Si la culture de la mort peut s’enraciner si rapidement et si profondément là-bas, elle peut aussi le faire ici.

Un argumentaire à la noix ? Non. Des faits sur le terrain. Ceux qui ont des yeux pour voir, qu’ils voient.