Les sessions de la Cour sont prévues trois fois par semaine. Le processus de désignation du prochain premier ministre débute simultanément

AUTEUR

GWEN ACKERMAN

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POSTÉ LE

5 avril 2021

SOURCE

Bloomberg

Le procès pour corruption de Benjamin Netanyahu passe à la vitesse supérieure ce lundi, alors que les procureurs commencent à monter leur dossier contre le leader israélien, dont la vie politique est déjà en jeu après une quatrième élection non concluante.

Les procureurs affirment que le premier ministre le plus ancien du pays a abusé de sa position pour accepter illicitement – et parfois exiger – des vins fins et des cigares coûteux de la part d’amis milliardaires. Ils affirment également qu’il a sacrifié l’intégrité de sa fonction pour obtenir une couverture médiatique favorable, en remodelant le paysage réglementaire du pays au profit d’un éditeur de médias et en pesant sur des propositions de loi qui auraient pu en favoriser un autre. Netanyahou nie tout acte répréhensible.

Bien que son procès pour corruption, fraude et abus de confiance ait officiellement débuté en mai 2020, les audiences tenues jusqu’à présent au tribunal de district de Jérusalem ont été brèves et procédurales. C’est la première fois que les procureurs vont appeler des témoins et creuser le fond des soupçons qui ont engendré des années d’enquêtes criminelles.

Les séances du tribunal sont maintenant prévues trois fois par semaine, et avec une liste de plus de 300 témoins à charge, le procès pourrait s’éterniser pendant des mois, voire des années. Les longues journées qu’il passera au tribunal ont soulevé des questions sur sa capacité à gouverner s’il remporte un sixième mandat – ou à diriger un gouvernement de transition si l’impasse électorale ne peut être résolue et qu’une nouvelle élection est convoquée.

Le fait que le Premier ministre, âgé de 71 ans, se batte contre des accusations de corruption devant les tribunaux ne sera pas flatteur pour M. Netanyahou, qui s’efforce de former une coalition après les élections du 23 mars. Pendant que M. Netanyahou et ses avocats seront au tribunal lundi, le président Reuven Rivlin commencera à rencontrer les chefs des partis qui sont entrés au Parlement pour voir qui ils recommandent pour former la prochaine coalition gouvernementale. Sur la base de ces conversations, il décidera qui nommer, au plus tard mercredi.

Le camp anti-Netanyahu n’a pas non plus de voie facile pour former un gouvernement.

M. Netanyahou est le premier dirigeant israélien en exercice à être jugé, et les accusations portées contre lui ont joué un rôle important dans l’agitation politique qui s’est emparée du pays, qui est passé d’une élection à l’autre au cours des deux dernières années. Le fait de rester au pouvoir lui donne la meilleure chance d’éviter les poursuites, car il a la possibilité de faire adopter une loi qui protégerait un dirigeant en exercice de tout procès.