Le régime militaire du Myanmar a inculpé le directeur national de l’immunisation et 26 autres médecins de la loi sur les associations illégales et d’incitation en vertu du code pénal pour avoir prétendument aidé le gouvernement d’unité nationale (NUG).

Publication originale le 13/06/2021.

NDLR : Reuters a aussi rapporte l’info. The Irrawaddy reste notre source principale pour ce qui se passe en Birmanie.

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THE IRRAWADDY

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14 juin 2021

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The Irrawaddy

Le Dr Htar Htar Lin, directeur national de la vaccination, a été arrêtée jeudi à Yangon. Son mari, son fils de sept ans, un ami et sa fille ont également été détenus avec elle. On ignore où ils se trouvent.

Deux autres médecins, le Dr Maung Maung Nyein Tun et le Dr Swe Zin Oo, font partie des 26 suspects qui lui sont reprochés et qui ont été arrêtés dimanche à Mandalay, a indiqué une source à The Irrawaddy.

Samedi soir, les médias contrôlés par la junte ont annoncé que le Dr Htar Htar Lin avait formé le noyau du mouvement de désobéissance civile (MDC) et qu’elle avait aidé le NUG, qu’elle a désigné comme un groupe terroriste.

Selon les médias contrôlés par l’État, elle a avoué avoir communiqué avec le Dr Zaw Wai Soe, ministre de la santé du NUG, par le biais des applications Signal et Zoom. Elle a participé à la rédaction de discours et de documents relatifs à la politique de santé du NUG, ainsi qu’à la préparation des réunions Zoom et à la planification de la mise en œuvre des programmes de santé du NUG, y compris l’estimation des médicaments et des coûts nécessaires, selon les médias d’État.

Elle sera poursuivie en vertu de l’article 17 de la loi sur les associations illégales et de l’article 505(a) du code pénal pour avoir communiqué avec une « organisation terroriste » et travaillé avec le Dr Zaw Wai Soe, qui se cache et est ministre de la santé par intérim du NUG. Il détient également deux autres portefeuilles ministériels.

L’organisation a formulé la même accusation à l’encontre de 26 autres médecins qui, selon elle, avaient accepté des rôles dans la santé publique, l’administration sanitaire de l’État et l’équipe de cliniciens du NUG.

Les médias d’État ont diffusé leurs noms et leurs photos et ont appelé le public à fournir des preuves contre eux. Ils ont déclaré que toute personne qui cacherait les suspects s’exposerait à des poursuites.

L’article 17(1) de la loi sur les associations illégales punit toute personne ayant rejoint une association illégale ou prenant part à ses activités d’une peine pouvant aller jusqu’à trois ans de prison. L’incitation prévue par le Code pénal est également passible de trois ans de prison.

Plusieurs médecins et membres du personnel du ministère de la Santé et des Sports ont été inculpés pour avoir participé au MDP et avoir dirigé des cliniques secrètes pour les manifestants blessés.

Au moins 51 médecins en grève, dont des directeurs d’hôpitaux, des universitaires, des chirurgiens et d’autres membres du personnel hospitalier, ont été arrêtés et beaucoup d’entre eux sont toujours en détention et risquent d’être poursuivis.

Le régime a également émis des mandats d’arrêt contre d’éminents médecins du MDP, dont les docteurs Zaw Wai Soe et Htar Htar Lin. Des milliers de membres du personnel médical se cachent.

Le CDM a été lancé par des médecins le 3 février en signe de protestation contre la junte et a été suivi par d’autres fonctionnaires dans tout le pays.