Le général Joseph Aoun a déclaré que l’armée avait besoin d’un soutien urgent pour maintenir la cohésion du pays.

Publication originale le 17/06/2021.

NDLR : Macron et ses grandes paroles… On vous conseille de lire cet article pour voir ce qui se cache derriere son plan pour « sauver l’Afrique ». « Sauver le Liban » fait surement partie de son agenda.

AUTEUR

ELIAS SAKR

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POSTÉ LE

19 juin 2021

SOURCE

The National News Lebanon

Le chef de l’armée libanaise a lancé jeudi un appel à la communauté internationale pour qu’elle apporte son soutien à l’armée, avertissant que son « effondrement » alimentera le chaos et l’insécurité alors que le Liban est aux prises avec la pire crise économique et financière de son histoire.

Le général Joseph Aoun a déclaré aux représentants des grandes puissances réunis à l’occasion d’une conférence organisée par la France en vue d’obtenir une aide pour l’armée que celle-ci a besoin du soutien urgent de la communauté internationale pour maintenir sa cohésion et continuer à remplir ses fonctions.

La crise, que la Banque mondiale a qualifiée d’une des plus graves au monde depuis les années 1850, a plongé plus de la moitié de la population du pays dans la pauvreté, la monnaie nationale ayant perdu plus de 90 % de sa valeur depuis fin 2019.

« Le Liban est confronté à une crise économique sans précédent et l’absence de solutions dans un avenir proche est devenue évidente », a déclaré le général Aoun, avertissant que si l’armée se désintégrait, le Liban, en tant qu’entité, s’effondrerait également et que « le chaos se répandrait ».

La crise économique, qui a été encore accentuée par la paralysie politique, a érodé le pouvoir d’achat du personnel de l’armée et a pesé lourdement sur le moral.

« La détérioration de la situation économique et financière au Liban conduira inévitablement à l’effondrement des institutions, y compris l’armée, et par conséquent la sécurité de tout le pays sera exposée », a averti le général Aoun. « Il est donc important de soutenir les soldats au niveau individuel… en plus de soutenir l’institution dans son ensemble. »

Les soldats qui gagnent en moyenne 1,2 million de livres par mois – ce qui équivaut aujourd’hui à environ 80 dollars – ont du mal à joindre les deux bouts, a prévenu le général Aoun au début de l’année.

L’armée a déclaré l’année dernière qu’elle avait supprimé la viande des repas qu’elle offre aux soldats en service en raison de la hausse des prix des denrées alimentaires.

La ministre française de la défense, Florence Parly, a déclaré que la conférence visait à donner à l’armée les moyens de maintenir la stabilité et la sécurité.

Le lourd tribut payé par les forces armées du pays à la crise économique a incité le général Aoun à critiquer la classe politique du pays au début de l’année, dans des propos rares de la part d’un responsable militaire en exercice.

« Où allons-nous ? Quels sont vos plans ? » a-t-il demandé aux politiciens en mars, alors que des manifestants bloquaient les routes et brûlaient des pneus dans tout le pays pour protester contre une chute record de la livre libanaise.

Le chef de l’armée a depuis cherché à rallier les alliés traditionnels du Liban, au premier rang desquels les États-Unis et la France, pour qu’ils apportent leur soutien à l’armée. Sa dernière tentative a consisté en une visite en France où il a rencontré le président Emanuel Macron à l’Elysée, quelques jours avant que Paris n’annonce la conférence de soutien à l’armée.

Macron a récemment déclaré qu’il travaillait avec des partenaires internationaux pour créer une voie financière permettant aux services publics importants de continuer à fonctionner au Liban malgré la crise.

La crise a entraîné des perturbations dans les services d’infrastructure vitaux, avec des pannes d’électricité, des pénuries d’eau et des coupures d’Internet de plus en plus fréquentes ces dernières semaines, le gouvernement ayant du mal à assurer les importations de carburant pour alimenter les centrales électriques.

L’amenuisement des réserves de devises étrangères a également entraîné de graves pénuries de carburant pour les générateurs privés qui compensent le rationnement de l’électricité par l’État, tandis que les hôpitaux manquent de fournitures et d’équipements médicaux.

Malgré l’aggravation des difficultés économiques, le Liban n’a toujours pas de gouvernement pleinement opérationnel depuis l’explosion massive du port de Beyrouth en août dernier. L’explosion a tué plus de 200 personnes et détruit des milliers de propriétés dans la capitale, aggravant encore la crise économique.

Neuf mois plus tard, les dirigeants politiques du pays ne s’entendent toujours pas sur la composition du prochain gouvernement et sur son programme de réformes.

L’impasse politique a incité le ministre français des Affaires étrangères, Jean Yves Le Drian, à avertir les responsables libanais, lors d’une visite à Beyrouth le mois dernier, que son gouvernement préparait des sanctions à l’encontre des responsables qu’ils accusent de faire obstacle à la formation d’un nouveau gouvernement.