Le régime chinois a versé près de 4,4 millions de dollars à une station de radio basée à Washington pour diffuser de la propagande dans les foyers américains, selon de nouvelles divulgations fédérales.

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EVA FU

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21 décembre 2021

SOURCE

The Epoch Times

CGTN, le bras mondial du diffuseur public chinois CCTV, a payé 4,35 millions de dollars depuis juillet 2019 à WCRW, une station de radio de jour couvrant Washington, la Virginie et le Maryland, pour diffuser son contenu pendant 12 heures chaque jour.

Ce que les auditeurs savent peu, c’est que Pékin contrôle une grande partie de ce qui passe à l’antenne. Un accord signé en juillet dernier – et révélé dans un dossier déposé auprès du ministère de la justice la semaine dernière – interdit à la station de radio de modifier ou de raccourcir le contenu des programmes de CGTN ou d’insérer des publicités sans l’autorisation expresse du radiodiffuseur chinois. Le contrat est conclu entre WCRW et le Bureau de planification de la communication internationale, un organisme supervisé par le département de la propagande du régime chinois.

Selon le contrat, le bureau reçoit des données trimestrielles sur les performances de la part du propriétaire du réseau radiophonique, le Potomac Radio Group, basé en Virginie, d’après le document, rapporté en premier lieu par le Washington Free Beacon. Ces rapports comprennent les réactions de l’audience et « l’évaluation d’organisations internationales », ce que le contrat ne précise pas. Le bureau peut également désigner un tiers pour surveiller les effets de la diffusion et effectuer des évaluations sur une base périodique.

Le WCRW n’a pas répondu aux demandes de renseignements des médias de The Epoch Times à l’heure de la presse.

Le site Internet du WCRW indique qu’il diffuse depuis Washington, depuis 1992, China Radio International, un autre grand radiodiffuseur international chinois géré par l’État.

L’enregistrement de Potomac Media en tant qu’agent étranger intervient alors que Washington se méfie de plus en plus des activités de propagande chinoise aux États-Unis.

China Daily, un journal d’État chinois de langue anglaise, a versé des millions de dollars en 2021 à de grands médias occidentaux, tels que Foreign Policy et Financial Times, pour diffuser son contenu. Le consulat chinois a également conclu récemment un contrat pour embaucher des dizaines d’influenceurs de médias sociaux par le biais d’une société intermédiaire du New Jersey, dans le cadre d’un blitz marketing jusqu’en mars pour promouvoir les prochains Jeux olympiques d’hiver de Pékin.

CGTN a subi une série de revers dans plusieurs pays ces dernières années.

En février, les autorités britanniques ont révoqué la licence de diffusion de la chaîne au Royaume-Uni, estimant qu’elle était détenue par une entité qui n’a aucun contrôle éditorial sur les programmes qu’elle diffuse. L’autorité britannique de régulation de la radiodiffusion a ensuite infligé à CGTN deux amendes d’un montant total d’environ 273 000 dollars pour deux émissions contenant des aveux forcés.

Le radiodiffuseur chinois a récemment suscité la controverse en publiant un courriel attribué à Peng Shuai, la joueuse de tennis chinoise dont la sécurité est remise en question depuis qu’elle a porté plainte pour agression sexuelle contre un ancien haut fonctionnaire chinois.

L’e-mail, publié sur Twitter, montre Peng qui se rétracte prétendument sur ses allégations, affirmant : « Je me suis juste reposée chez moi et tout va bien », bien que de nombreux observateurs aient mis en doute son authenticité, soulignant la présence d’un curseur de saisie dans la capture d’écran de l’e-mail.

À l’époque, Peng avait disparu de la scène publique à la suite de ces allégations, suscitant l’inquiétude de la communauté internationale quant à sa sécurité. En réponse, la CGTN et d’autres médias d’État chinois ont publié des vidéos et des déclarations affirmant que la star du tennis allait bien, ce qui n’a fait qu’accroître les inquiétudes.

Depuis, Peng a fait des apparitions publiques. Dans une interview accordée le 19 décembre à un média singapourien favorable à Pékin, elle est revenue sur ses déclarations, mais les inquiétudes concernant sa sécurité n’ont pas diminué.