Un ancien ambassadeur de l’administration Obama a plaidé coupable vendredi de deux accusations de délit après avoir dissimulé ses activités de lobbying pour le Qatar.

AUTEUR

TONY GRAY

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6 juin 2022

SOURCE

Resist The Mainstream

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Richard Olson, qui a pris sa retraite en novembre 2016 après une carrière de 34 ans en tant que diplomate, a occupé un certain nombre de postes de haut niveau au Moyen-Orient.

De 2008 à 2011, il a occupé le poste d’ambassadeur des États-Unis aux Émirats arabes unis, puis celui d’ambassadeur au Pakistan de 2012 à 2015. Il a exercé les fonctions de représentant spécial du président Barack Obama pour l’Afghanistan et le Pakistan (SRAP) jusqu’à sa retraite.

Selon les procureurs fédéraux, alors qu’Olson était encore ambassadeur au Pakistan, il aurait accepté de représenter un homme d’affaires pakistanais, qui l’aurait présenté à un autre homme d’affaires de Bahreïn. Le 27 janvier 2015, l’homme d’affaires pakistanais aurait acheté un billet de première classe pour un voyage d’Olson du Nouveau-Mexique à Londres. Il aurait également réglé le séjour à Londres d’Olson dans un hôtel de luxe. Toujours selon les procureurs, le billet d’avion aurait couté 18 500 dollars et le séjour à l’hôtel aurait porté la facture de l’ancien ambassadeur à plus de 19 000 dollars.

Olson n’a pas déclaré les paiements qu’il a reçus pour assister à la réunion d’affaires de Londres avec les deux hommes du Moyen-Orient. C’est ce manquement à l’obligation de déclarer les paiements qui a conduit à la première inculpation fédérale pour délit à son encontre.

L’autre chef d’inculpation de délit résulte d’un stratagème sophistiqué visant à faire pression sur les responsables des administrations Obama et Trump au nom du Qatar. Au départ, ce pays du Moyen-Orient souhaitait obtenir un système de pré-dédouanement à l’aéroport international de Doha.

Les vols en provenance d’aéroports bénéficiant d’un pré-dédouanement, approuvés par l’agence des douanes et de la protection des frontières (CBP, Customs and Border Protection), étaient autorisés à se rendre directement de cet aéroport dans plus de 160 villes américaines. Olson apportait son appui à ce dispositif en janvier 2017, peu après avoir pris sa retraite du département d’État.

Au cours de l’été 2017, le Qatar a été accusé d’abriter et/ou de promouvoir le terrorisme et a fait l’objet d’un embargo de la part des pays arabes voisins. En juin 2017, la Chambre des représentants des États-Unis a introduit la résolution H.R. 2712 imposant des sanctions à certains soutiens du terrorisme. Dans cette résolution, le Qatar a été identifié comme pays finançant le groupe terroriste Hamas.

L’homme d’affaires pakistanais et un associé ont de nouveau sollicité l’aide d’Olson en juin 2017 pour faire pression sur des représentants du gouvernement américain pour le compte du Qatar. Olson a par la suite rencontré cet homme d’affaires pakistanais, un fonctionnaire du gouvernement du Qatar ainsi que l’ambassadeur des États-Unis au Qatar dans un hôtel qatari.

Selon les procureurs, Olson se serait réuni le 28 juin 2017 à Washington avec ce même homme d’affaires, un fonctionnaire du gouvernement du Qatar et plusieurs représentants des États-Unis. L’objectif de la réunion était de convaincre les législateurs américains de soutenir le Qatar plutôt que ses rivaux des régions proches.

En exerçant des pressions pour le compte du Qatar, l’ancien ambassadeur a transgressé une loi fédérale interdisant les accords de « pantouflage ». Cette loi interdit en particulier aux hauts fonctionnaires de l’administration de faire du lobbying auprès de responsables gouvernementaux au cours de l’année suivant leur départ du gouvernement américain.