Un essai portant sur le traitement du cancer serait le premier au monde à éliminer entièrement la maladie chez tous les patients, selon une étude publiée dimanche dans le New England Journal of Medicine.

AUTEUR

KATABELLA ROBERTS

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POSTÉ LE

8 juin 2022

SOURCE

The Epoch Times

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L‘étude, intitulée « PD-1 Blockade in Mismatch Repair-Deficient, Locally Advanced Rectal Cancer » a été menée auprès de 12 patients atteints de cancer du rectum, tous ayant bénéficié d’une « réponse clinique complète », selon les auteurs, a été dirigée par le Dr Andrea Cercek du Memorial Sloan Kettering Cancer Center de New York. 

Selon les chercheurs, les médecins n’ont décelé aucune trace de tumeur chez les patients lors de contrôles par imagerie par résonance magnétique, par injection de fludésoxyglucose F 18, par examen physique ou par examen par voie endoscopique.  

Par ailleurs, les patients ne présentaient toujours aucun symptôme de cancer lors des suivis allant de 6 à 25 mois ; ils n’ont eu à subir aucune intervention chirurgicale et n’ont suivi ni radiothérapie ni chimiothérapie. 

« Aucun effet indésirable de grade 3 ou plus n’a été signalé », notent les auteurs.  

Plus précisément, les patients atteints de cancer du rectum ont reçu du dostarlimab, un anticorps monoclonal, toutes les 3 semaines pendant 6 mois. Les patients étaient atteints d’adénocarcinomes rectaux déficients en réparation des mésappariements de stade 2 ou 3, un type de cancer. 

L’âge médian des patients participant à l’étude était de 54 ans et 62 % d’entre eux étaient des femmes.  

En principe, ces patients atteints de cancer auraient dû subir des traitements souvent lourds, comme la chimiothérapie, la radiothérapie ou la chirurgie et, dans les cas extrêmes, ils auraient dû porter une poche de colostomie. 

Mais après la prise de dostarlimab, commercialisé sous la marque Jemperli, aucun cas de progression ni de récidive n’a été signalé chez les patients ayant participé à l’étude.  

Le dostarlimab est déjà approuvé par la Food and Drug Administration aux États-Unis pour le traitement de patients adultes atteints de tumeurs solides récurrentes ou avancées déficientes en réparation des mésappariements. Le cancer du rectum est une utilisation non homologuée, selon Medscape. 

Selon Drugs.com, le coût de la solution intraveineuse Jemperli (500 mg/10 ml) est d’environ 11 201 dollars pour 10 millilitres.  

Les résultats de l’étude ont également été présentés lors de la réunion annuelle de l’American Society of Clinical Oncology 2022. 

« Le cancer du rectum localement avancé et déficient en réparation des mésappariements était très réactif au blocage de PD-1 en monothérapie », écrivent les auteurs en conclusion, tout en reconnaissant qu’un suivi prolongé est indispensable pour évaluer la durée de la réaction. 

Le Dr Luis A. Diaz Jr. du Memorial Sloan Kettering Cancer Center, l’un des auteurs de l’article publié dimanche, a déclaré au New York Times qu’il s’agissait, d’après lui, “d’une première dans l’histoire du cancer ». 

« Les répercussions sur la qualité de vie sont considérables, en particulier chez les patients pour lesquels un traitement standard affecterait les capacités de procréation; dans la mesure où l’incidence du cancer du rectum augmente chez les jeunes adultes en âge de procréer, l’utilisation du blocage de PD-1 pour éviter la chimioradiothérapie et la chirurgie pourrait être particulièrement bénéfique pour cette tranche d’âge », ont commenté les auteurs. 

L’étude a été parrainée par la Simon and Eve Colin Foundation, GlaxoSmithKline, Stand Up to Cancer, Swim Across America et le National Cancer Institute of National Institutes of Health. 

Selon le Cancer Treatment Centers of America, environ un tiers des 145 000 cas de cancers colorectaux diagnostiqués chaque année sont dépistés dans le rectum. Le risque de développer ce type de cancer spécifique augmente avec l’âge, bien que les hommes soient généralement plus à risque que les femmes.